LE BOUILLON DE POULET DU MATINAL

 

UN COMPAGNON SUR MESURE

 

Un petit garçon apparut bientôt sous l'affiche << Jeunes chiens à vendre >>. <<Combien vendez-vous ces jeunes chiens? >> demanda-t-il au commerçant.
Le marchand répondit:
<< entre 30 et 50 dollars. >> Le petit garçon fouilla dans ses poches et en tira de la petite monnaie. << J'ai deux dollars trente-sept, dit-il. Est-ce que je peux les regarder s'il vous plaît? >>
Le commerçant sourit et siffla; du chenil ils virent sortir Lady, qui accourut vers eux en passant par le couloir du magasin, suivie de cinq petites boules de poils. Un des jeunes chiens traînait derrière à une bonne distance. Aussitôt qu'il le vit, le petit garçon montra du doigt le petit chien qui boitait derrière les autres:
<< Qu'est-ce qu'il y a celui-là? >> Le commerçant lui expliqua que le vétérinaire avait examiné le petit chien et avait découvert une malformation de la hanche. Il boiterait toujours. Il serait toujours infirme. Le petit garçon devint tout excité. <<C'est ce petit chien-là que je veux acheter.>>
<< Non, dit le commerçant, tu ne veux pas acheter ce chien. Mais si tu le veux vraiment, alors je vais te le donner.>> Le petit garçon devint plutôt irrité. Il regarda le commerçant droit dans les yeux et dit: << Je ne veux pas que vous me le donniez. Ce petit chien vaut aussi cher que les autres et je paierai plein prix. En fait, je vais vous donner 2.37$ maintenant et 0.50$ par mois jusqu'à ce qu'il soit bien à moi.>>
Le commerçant répliqua:
<< Tu ne veux pas vraiment acheter ce petit chien. Il ne sera jamais capable de courir, sauter et jouer avec toi comme les autres chiens.>>
Sur ce, le petit garçon se pencha, retroussa son pantalon et découvrit une jambe gauche affreusement tordue, soutenue par un appareil orthopédique. Il regarda le commerçant et dit doucement:
<<Et bien, je ne cours pas très bien moi-même, et le petit chien aura besoin de quelqu'un qui puisse le comprendre!>>

DAN CLARK

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ET MON BAISER ALORS ?

 

Il était une fois une petite fille appelée Cindy. Son père travaillait six jours par semaine et il rentrait souvent fatigué du bureau. Sa mère aussi trimait dur à faire le ménage, les repas et toutes les tâches qu’exige une famille. Cindy vivait dans une bonne famille qui menait une bonne vie. Il ne manquait qu’une chose, mais Cindy n’en avait même pas conscience.

Un jour, quand elle avait neuf ans, elle alla pour la première fois coucher chez une amie, Debbie. Quand arriva l’heure de se mettre au lit, la mère de Debbie borda les deux filles, puis elle les embrassa pour leur souhaiter bonne nuit.

« Je t’aime », dit la mère de Debbie.

«
Je t’aime aussi », murmura Debbie.

Cindy fut si intriguée qu’elle ne parvint pas à s’endormir. Personne ne l’avait jamais embrassée pour lui souhaiter bonne nuit. En fait, personne ne l’avait jamais embrassée, point à la ligne. Toute la nuit, elle resta éveillée, pensant sans cesse C’est comme ça que ça devrait se passer.

À son retour chez elle, le lendemain, ses parents semblèrent heureux de la voir.

« Alors, tu t’es bien amusée chez Debbie? », demanda sa mère.

« La maison était terriblement tranquille sans toi », dit son père.

Cindy ne répondit pas. Elle courut jusqu’à sa chambre. Elle les détestait tous les deux. Pourquoi ne l’avaient-ils jamais embrassée? Pourquoi ne l’avaient-ils jamais prise dans leurs bras? Pourquoi ne lui avaient-ils jamais dit qu’ils l’aimaient? Ne l’aimaient-ils pas?

Comme elle aurait aimé s’enfuir! Comme elle aurait voulu vivre avec la mère de Debbie! Mes parents ne sont peut-être pas mes vrais parents, songea-t-elle. C’est peut-être la mère de Debbie qui est ma vraie mère.

Ce soir-là, avant d’aller au lit, elle alla voir ses parents.

« Eh bien, bonne nuit », dit-elle. Son père leva les yeux de son journal. « Bonne nuit », répondit-il.

Sa mère cessa sa couture et sourit. « Bonne nuit, Cindy. »

Personne ne leva le petit doigt. Cindy n’en pouvait plus.

« Pourquoi vous ne m’embrassez jamais? » demanda-t-elle.

Sa mère parut troublée. « Eh bien, bégaya-t-elle, c’est que, j’imagine… c’est que personne ne m’a embrassée quand j’étais petite. C’était comme ça, c’est tout. »

Ce soir-là, Cindy s’endormit en pleurant. Sa colère demeura en elle pendant plusieurs jours. Finalement, elle décida de s’enfuir. Elle se rendrait chez Debbie et leur demanderait si elle pouvait rester avec eux. Jamais elle ne remettrait les pieds dans une maison où on ne l’aimait pas.

Elle remplit son sac à dos de vêtements et partit sans dire un mot. Une fois rendue chez Debbie, cependant, elle fut incapable de frapper à la porte. Elle se persuada que personne ne voudrait la croire et ne lui permettrait de rester avec les parents de Debbie. Elle renonça à son plan et rebroussa chemin.

Cindy sentit sa situation désespérée et sans issue. Elle n’aurait jamais de famille comme celle de Debbie. Elle resterait pour toujours avec les parents les plus cruels et les plus sans cœur du monde entier.

Au lieu de rentrer chez elle, elle alla au parc et s’assit sur un banc. Elle resta là un bon moment à réfléchir, jusqu’à la tombée du jour. Puis, tout d’un coup, elle imagina une solution. Ce plan fonctionnerait. Elle ferait tout pour qu’il fonctionne.

Quand elle rentra chez elle, son père parlait au téléphone. Il raccrocha immédiatement. Sa mère était assise, l’air très inquiet. Dès que Cindy franchit le seuil de la porte, sa mère s’écria : « Où diable étais-tu? Nous étions fous d’inquiétude. »

Cindy ne répondit pas. Elle s’approcha plutôt de sa mère, l’embrassa sur la joue et dit : « Je t’aime, maman. » Étonnée, sa mère ne souffla mot. Cindy se tourna alors vers son père et le serra dans ses bras. « Bonne nuit, papa », dit-elle. « Je t’aime. » Elle alla ensuite se coucher, laissant dans la cuisine ses parents muets de stupeur.

Le lendemain, lorsque Cindy descendit pour déjeuner, elle embrassa sa mère. Elle embrassa son père. À l’arrêt d’autobus, elle se mit sur la pointe des pieds et embrassa sa mère.

« Bye, maman », dit-elle. « Je t’aime. »

Cindy répéta ce rituel chaque jour de chaque semaine de chaque année. Parfois, ses parents avaient un mouvement de recul, l’air crispé et mal à l’aise. Parfois, ils en riaient. Mais jamais ils ne lui rendaient son baiser. Cindy ne se découragea pas. Elle avait pris une décision et elle irait jusqu’au bout. Puis, un soir, avant d’aller au lit, elle oublia d’embrasser sa mère. Peu de temps après, la porte de sa chambre s’ouvrit. Sa mère entra.

« Et mon baiser, alors? » demanda-t-elle, feignant d’être fâchée.

Cindy s’assit sur son lit. « J’ai oublié », dit-elle. Elle embrassa sa mère.

« Je t’aime, maman. » Cindy se recoucha. « Bonne nuit », dit-elle en fermant les yeux. Sa mère ne bougea pas. Finalement, elle parla.

« Je t’aime aussi », dit-elle. Puis elle se pencha et embrassa Cindy sur la joue. « N’oublie plus jamais de m’embrasser », dit-elle d’un ton faussement sévère.

Cindy éclata de rire. « Promis. » Et elle n’oublia plus.

Aujourd’hui, Cindy a un enfant qu’elle embrasse, dit-elle, jusqu’à ce qu’il en ait les joues rougies. Et lorsqu’elle rend visite à ses parents, sa mère l’accueille toujours avec ce commentaire : « Et mon baiser, alors? » Au moment de repartir, sa mère lui dit : « Je t’aime. Tu le sais, n’est-ce pas? »

« Oui, maman », répond Cindy. « Je l’ai toujours su. »

M.A. Urquhart


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DANSE AVEC MOI

 

Quand on est jeune et qu'on rêve à l'amour et au bonheur, on s'imagine des clairs de lune au-dessus de Paris ou des promenades sur la plage au crépuscule.

Personne ne nous dit que les plus beaux moments de la vie sont souvent fugaces, qu'ils surviennent à l'improviste et nous prennent presque toujours par surprise.

Il n'y a pas si longtemps, alors que je lisais une histoire à ma fille de sept ans, Annie, je sentis qu'elle me regardait fixement. Son regard était lointain,
comme si elle était en pleine réflexion. De toute évidence, la lecture de la fin de mon histoire avait perdu de son importance.

Je lui demandai à quoi elle pensait.

" Maman", chuchota-t-elle, "je ne peux m'empêcher de regarder ton beau visage."

J'eus l'impression de fondre sur place.

Elle ignorait à ce moment combien ces petits mots d'amour sortis tout droit de son coeur me permirent de surmonter les épreuves au cours des années.

Peu de temps après, je me rendis dans un chic magasin à rayons avec mon fils de quatre ans. À l'intérieur, la douce mélodie d'une chanson d'amour bien connue nous
attira vers un musicien, vêtu d'un toxedo et assis à un piano à queue. Sam et moi prîmes place sur un banc en marbre situé tout près; mon fils semblait aussi captivé que moi par la mélodie bien rythmée.

Avant que je me rende compte de quoi que ce soit. Sam se leva, se tourna vers moi, prit mon visage entre ses menottes et me dit: "Danse avec moi."

Si seulement ces femmes, qui se promènent sous le clair de lune de Paris, savaient le bonheur qu'on éprouve à se faire inviter à danser par un petit garçon aux joues rondes qui a encore ses dents de bébé! Même si les gens
autour gloussaient, souriaient et nous pointaient du doigt pendant que nous glissions et virevoltions sur le plancher de l'atrium, je n'aurais pour rien au monde échangé cette dans que j'accordais à un si charmant jeune homme.

Jean harper

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